A Paris, la grève exemplaire des travailleurs sans-papiers

A Paris, la grève exemplaire des travailleurs sans-papiers

Parmi les employeurs de sans-papiers, des entreprises du BTP.

Le BTP est concerné, comme la restauration. Des secteurs qui salarient nombre de travailleurs sans-papiers.

Leur situation est kafkaïenne. Des salariés sans-papiers du secteur de la restauration, du ménage ou du BTP se sont mis en grève ce 1er octobre à Paris et dans proche banlieue. Ils réclament des salaires dignes et leur régularisation. La CGT les soutient.

Leurs employeurs ont pignon sur rue. De grandes enseignes, des sociétés ayant flatteuse réputation, de KFC à Campanile en passant par UGC ou une boîte d'intérim très connue dans le BTP (Job center).

Ils sont serveurs, plongeurs, hommes ou femmes de ménage, manutentionnaires, poseurs de voies… Tous ont en commun d'être actuellement sans-papiers, en attente de régularisation, mais bel et bien salariés. Et donc cotisant à la sécu et aux Assedic !

Soutenus par la CGT de Paris et d'Ile-de-France, nombre d'entre-eux ont décidé ce mardi 1er octobre de débrayer et on dénombre déjà une douzaine de piquets de grève.

Dans un communiqué, ils disent leur désarroi pour ne pas dire leur colère : « Parce que nous sommes privés d’autorisation de séjour et de travail, nous subissons de multiples discriminations dans nos entreprises. Nos conditions de travail sont très souvent dégradées voire contraires à la dignité humaine. Nous sommes pourtant des travailleurs de France ! Nous cotisons et contribuons au système de solidarité nationale de sécurité sociale. » Et de noter justement encore : « Des pans entiers de l’économie ne fonctionneraient pas sans nous. Arrêtons l’hypocrisie ! »

Contre un double arbitraire

Les revendications des travailleurs sans-papiers sont donc d'ordre salarial, mais elles incluent aussi de meilleures conditions de travail, la fin d'une forme de travail dissimulé et la fin de ce qu'ils dénoncent comme un double arbitraire : celui des préfectures et celui de leurs employeurs. Explication : « Aujourd’hui, c’est à lui de décider s’il soutiendra ou pas notre demande de régularisation. Mais quel intérêt aurait un employeur qui nous surexploite d’accompagner cette demande ? Aucun ! »

Dans ce contexte, la CGT qui fédère ce mouvement revendique « la régularisation automatique des travailleurs sur la simple preuve de la relation de travail ». Elle réclame également plus de moyens dans les préfectures pour recevoir les intéresser et traiter leurs dossiers.

Conclusion de la CGT (qui a initié une caisse de solidarité) : « Unissons-nous ! Nous formons une seule communauté de travail et nos intérêts sont communs ! »

Alors que s'annonce le débat sur l'immigration souhaité par le chef de l'Etat, voilà un mouvement qui pose de bonnes questions...