Le travail des enfants, un fléau toujours d'actualité

Le travail des enfants, un fléau toujours d'actualité

Le travail des enfants : un fléau toujours d'actualité

Plus de 150 millions d'enfants contraints de travailler

Les chiffres font froid dans le dos. Selon un rapport de l'Organisation internationale du travail, 152 millions d’enfants sont astreints au travail pour survivre et 25 millions d’adultes et d’enfants sont soumis au travail forcé. L'objectif d'y mettre un terme d'ici 2025 et 2030 est noble et ambitieux. Trop ?

L'étude vient d'être publiée. Et le constat dressé est sans appel. 152 millions d'enfants de par le monde sont obligés de travailler pour survivre et/ou apporter leur part aux revenus de leurs familles, en très grande précarité. Et quelque 25 millions d’adultes et d’enfants sont soumis au travail forcé (appelons cela l'esclavage moderne pour faire vite).

Les chiffres avancés par l'Organisation internationale du travail (OIT) détaillent ce scandale par régions du monde. L'Asie de l’Est et du Sud-Est d'une part et l'Amérique latine et les Caraïbes d'autre part sont les plus concernées.

Le rapport insiste ensuite sur la nature même de ce travail, de sa place dans la machine économique. On y apprend sans surprise qu'« une part importante du travail des enfants et de la traite des êtres humains s’effectue dans les premiers niveaux des chaînes d’approvisionnement mondiales, dans des activités comme l’extraction de matières premières et l’agriculture, et entrave les efforts de diligence raisonnable, de visibilité et de traçabilité.»

Renforcer les lois et les appliquer

Dans ce contexte, l'appel de Guy Ryder, Directeur général de l’OIT, est logique. « Les biens et les services que nous achetons sont composés d’éléments en provenance de nombreux pays et sont produits, assemblés, emballés, transportés et consommés par-delà les frontières et les marchés. Ce rapport montre l’urgente nécessité de prendre des mesures efficaces afin de combattre les violations des droits fondamentaux au travail qui ont lieu dans les chaînes d’approvisionnement.»

Mais pour ce faire, l'OIT cite  plusieurs domaines prioritaires dans lesquels les gouvernements et les entreprises peuvent faire davantage.

Il faut que les Etats comblent les lacunes dans la législation, l’application de la loi et l’accès à la justice et imposent un cadre de conduite responsable aux entreprises. L'Organisation conseille du reste aux gouvernements de montrer l’exemple en intégrant des critères dans leurs propres activités, en tant que fournisseurs de biens et de services, propriétaires d’entreprises et distributeurs de crédits et de prêts...

Trouver des revenus alternatifs pour les familles

Lors du Forum pour la paix de Paris, Angel Gurria, Secrétaire général de l’OCDE, a enfoncé le clou, notant « la nécessité pour les gouvernements d’amplifier et d’intensifier leurs efforts afin de s’assurer que les entreprises respectent les droits humains dans leurs opérations et au travers des chaînes d’approvisionnement.»

L'OIT est cependant réaliste. Même si les groupes mondiaux et les entreprises ayant pignon sur rue dans les pays concernés font un effort, il ne faut pas oublier les causes profondes du phénomène : le dénuement des enfants et de la famille, notamment dans les segments externalisés qui se trouvent en amont des chaînes d’approvisionnement opérant dans l’économie informelle, là où les risques sont plus grands.Et de viser des activités comme l’extraction de matières premières et l’agriculture, qui servent d’intrants pour d’autres industries.

Reste enfin à ce que les familles puissent bénéficier de sources de revenus alternatives, relève en substance Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF.

On l'aura compris, les dates de 2025 et 2030 pour éradiquer ces fléaux placent la barre très haut. Mais si l'on ne se fixe pas d'objectifs...