La grogne des pompiers ne s'éteint pas

La grogne des pompiers ne s'éteint pas

Des pompiers sollicités toujours davantage mais pour l'heure ils sont toujours en grève

Toujours plus sollicités, mais toujours en grève

Le nombre d'interventions bondit mais les moyens stagnent ou baissent... Ils réclament donc des embauches et une revalorisation de leur prime de feu. Les sapeurs pompiers professionnels ont décidé de prolonger leur grève. 

Urgentistes (rejoints ici ou là par d'autres personnels hospitaliers), postiers, cheminots, livreurs « indépendants » mais dépendants de plateformes numériques, femmes de ménage de grands hôtels (employées par des sous-traitants)..

Et sapeurs-pompiers professionnels.

L'été aura été synonyme de longs mouvements de grève initiés par des catégories professionnelles variées. Et sans préjuger des mobilisations à venir contre la réforme des retraites ou de l'assurance-chômage, même si pour l'heure, les divisions syndicales ne plaident pour une convergence des luttes, selon l'expression consacrée.

Mais pour ce qui est des professions actuellement en grève, dans la plupart des cas, des intersyndicales ont été créées. Et cela permet de maintenir la pression, sans pour autant que les revendications soient entendues par les pouvoirs publics ou les directions privées…

Ainsi, chez les pompiers, après deux mois de grève, le mouvement a été reconduit jusqu'à la fin octobre et une manifestation nationale prévue le mardi 15 octobre à Paris.

La bravoure des intéressés est unanimement reconnue et saluée, des interventions du quotidien aux drames récents (incendies de Notre-Dame de Paris, de forêts et garrigues en Provence ou encore ces dernières heures sur un site industriel classé Seveso à Rouen).

4.6 millions d'interventions par an

Mais jusqu'ici pas de réponse à leurs doléances, qui ne concernent pas que leur « prime de feu ». Plusieurs députés de gauche ont pris le relais via des questions écrites.

Comme Sylvie Tolmont (PS), qui rappelle qu' « entre 2003 et 2018, c'est plus d'un million d'interventions supplémentaires annuelles » qui furent effectuées « pour atteindre le chiffre de 4,6 millions. » Or, regrette la députée, « dans le même temps, il est constaté une diminution de la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires ainsi qu'une stabilisation des effectifs de professionnels. » Qui conclut en appelant le gouvernement à répondre « aux attentes légitimes exprimées par les sapeurs-pompiers et sauvegarder le modèle français de sécurité civile ».

Quant à Eric Coquerel (France insoumise), il remarque dans sa question que « les sapeurs-pompiers sont des victimes collatérales de l'affaiblissement du système de santé publique : ils deviennent un dernier recours pour les habitants de plus en plus éloignés des structures de soin et des médecins. À ce titre, la mobilisation des urgentistes et des personnels hospitaliers est d'une importance cruciale pour la profession des sapeurs-pompiers. »

79% de volontaires...

Et il explique : « Les sapeurs-pompiers souffrent des mêmes maux. Alors même qu'ils manquent de moyens, ils sont plus sollicités qu'avant. » Mais en dépit de la hausse du nombre d'interventions, « un rapport de la cour des comptes de mars 2019 montre que de 2011 à 2018, les effectifs de sapeurs-pompiers des SDIS ont diminué. Des effectifs constitués en 2017 à 79 % de volontaires. Les organisations représentatives regrettent que les pouvoirs publics, plutôt que de recruter des professionnels, se cachent derrière le volontariat, certes essentiel, mais bien insuffisant pour résoudre les difficultés »…

Constatant l'absence de réponse sur le plan des recrutements, notamment, le député Coquerel regrette in fine « qu'aucune invitation à ouvrir des négociations n'ait été adressée aux organisations représentatives ». Pis, selon lui, « la grève a été étouffée. Les sapeurs-pompiers, tenus par l'impératif de continuité du service public, disposent de peu de moyens pour se faire entendre. Pourtant, malgré leur dévouement, plusieurs sapeurs-pompiers ont été sanctionnés pour le port d'un simple brassard... »

Et à tout cela il faudrait encore ajouter la hausse des agressions ou incivilités dont sont victimes les soldats du feu.

A noter que plusieurs pétitions ont été initiées, notamment celle-ci, qui émane de l'intersyndicale UNSA, CFDT, CGT, FA, FO.