Jacqueline, un demi-siècle d'engagement au Parti socialiste

Jacqueline, un demi-siècle d'engagement au Parti socialiste

Jacqueline Vetticoz milite depuis 51 ans au Parti socialiste

Jacqueline est de tous les combats du PS depuis le congrès d'Epinay

POURQUOI MILITEZ-VOUS ? Premier volet de notre série d'entretiens ou portraits consacrés à des militants politiques ou syndicaux. Parce que s'engager demeure toujours d'actualité... Jacqueline Vetticoz ouvre le bal. Elle est de tous les combats du PS depuis 1968. Cartée à Charleville-Mézières (Ardennes), elle entend défendre « les conquêtes sociales acquises au prix de durs combats du XIXe siècle à nos jours, en passant par l'héritage du Conseil National de la Résistance ».

Vous êtes militante au PS. Depuis quand ? Quel a été le déclic ?


Lycéenne non politisée, d'une famille qui pensait à gauche, avait eu des fusillés pendant la Commune, mais ne militait plus depuis deux générations, j'avais été très favorablement impressionnée par la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1965. Aussi, en juin 68, j'avais vingt ans, et après les désastreuses législatives, ai-je décidé d'adhérer à la CIR, avec François Mitterrand, Claude Estier, et bien d'autres.
Et donc, tout naturellement, je me suis retrouvée à siéger dans la salle du congrès d'Epinay en juin 71.
Ensuite, j'ai été de tous les combats : le Programme Commun, les législatives de 1973, les présidentielles de 1974, les municipales de 1977, les législatives de 1978, le congrès de Metz de 1979, où il était important de garder la direction du PS pour permettre à François Mitterrand d'être de nouveau candidat et de remporter les présidentielles de 1981, campagne inoubliable que j'ai faite depuis Solférino.
Et bien sûr, de tous les combats qui ont suivi.
Voilà donc à présent cinquante et un ans que je milite avec mes camarades, et je suis toujours bien décidée, plus que jamais, à continuer !

Le temps de la reconstruction

Le PS n'a plus l'aura (et les scores) qu'il a pu connaître il y a peu encore. Pour différentes raisons… Comment esquisser, selon vous, un regain ou un rebond ?


Pour cela, une seule solution : reconstruire ce parti pour qu'il soit de nouveau ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être, un parti pleinement de gauche, reconstruire avec mes camarades, autour d'Olivier Faure, mon parti qui avait été bien impacté par les erreurs commises durant le dernier quinquennat.


Au fond, en 2019, quelles différences entre le PS, le PCF et la FI ou encore Génération-s- ?


Il y a davantage de points communs, d'idées qui nous rassemblent que de raisons de se diviser. Sur beaucoup de réformes, justice sociale, culture, éducation, égalité femmes-hommes, protection de l'environnement et écologie, nous pouvons avancer ensemble et trouver du consensus. D'ailleurs, dans de nombreuses villes, comme à Charleville-Mézières, nous ferons liste commune, PCF - PS - Génération. s pour les élections municipales. Nous avons déjà montré que nous pouvions gérer ensemble, en particulier avec le PCF. La Gauche se divise bien souvent en raison d'égos individuels trop marqués, d'abord au plan national, et ensuite avec des répercussions locales. Il y a aussi des désaccords historiques sur des questions économiques, des visions sociétales, mais rien d'insurmontable surtout aujourd'hui où l'urgence est à la recherche de consensus pour faire gagner la Gauche.
Au PS, nous avons montré tant au moment des Européennes qu'au moment de la constitution de la liste des municipales pour Charleville-Mézières que nous étions capables, avec lucidité et réalisme, de nous montrer ouvert pour travailler collectivement sans revendiquer la première place.

Rien ne sera possible sans l'union de la gauche

Un dernier mot sur votre parcours personnel ou sur un combat précis qui vous tient à cœur ?

Reconquérir les positions perdues, tant au niveau national que local, pour rétablir partout notre modèle social déjà bien attaqué par les pouvoirs qui se sont succédé ces dernières années, pour rétablir dans leur rôle capital les services publics en grande partie mis à mal par les droites au pouvoir sous toutes leur formes et à tous les niveaux, parce que la situation d'une grande partie des habitants de ce pays, y compris les retraités, s'est gravement dégradée.
Les gens au pouvoir en ce moment n'ont qu'un souci, c'est, sous prétexte de modernité, d'effacer d'un coup d'éponge toutes les conquêtes sociales qui sont le résultat chèrement acquis des combats menés depuis la première moitié du XIXe siècle jusqu'à nos jours, en passant par le programme du Conseil National de la Résistance, conquis au prix du sang de ceux qui se sont battus pour cela, et ont souvent donné leur vie. Nous sommes leurs héritiers, ceux à qui il appartient de continuer leurs luttes, en faisant à l'avenir tant que possible encore mieux.
L'action pour l'écologie en est forcément partie prenante.
Et, bien sûr, tout ne sera possible que par l'union de la gauche, parce que personne n'ira tout seul nulle part.