Claudine Ledoux persiste et signe

Claudine Ledoux persiste et signe

Claudine Ledoux

Claudine Ledoux sort de sa réserve

L'ancienne députée-maire de Charleville-Mézières ne se résout pas à revivre un remake de 2017 à la prochaine présidentielle. Claudine Ledoux a signé l'appel initié par Laurent Joffrin et souhaite que son parti de toujours, le PS, retrouve son mordant d'antan.

Elle avait quitté la politique au sortir de l'été 2013, laissant son fauteuil de maire du chef-lieu des Ardennes qu'elle occupait depuis 2001, après avoir fait des débuts fracassants dans l'arène en devenant députée en 1997.

Elle avait quitté la politique et ses chères Ardennes pour devenir ambassadrice de France : en charge d'abord de la coopération dans l'Océan indien, puis en poste au Laos.

Mais la politique l'a-t-elle jamais quittée ?

Quand elle fait valoir ses droits à la retraite et retrouve Charleville, à la fin de l'hiver 2020, c'est pour assister à la nette défaite de la liste de gauche dès le premier tour des municipales puis, comme des millions de Français, subir le confinement.

Claudine Ledoux qui en a vu d'autres observe le précepte de Voltaire, cultive son jardin, prend son mal en patience et suit avec attention ce qui se passe sur la scène politique : chez elle, dans les Ardennes, comme au plan national.

Mais jusqu'alors, elle ne s'était pas ou peu exprimée.

Et puis. Quelques messages, quelques coups de téléphone, et la voilà sollicitée début juillet pour signer l'appel de Laurent Joffrin (à retrouver sur le site Engageons Nous). « Je ne le connais pas plus que cela. On a des amis communs. On m'a envoyé le texte. Je m'y suis reconnue, j'ai adhéré à l'analyse. J'étais d'accord, sur le fond comme sur la forme. Alors j'ai signé... »

Un PS trop timide

Claudine Ledoux est comme beaucoup à gauche et sait que sans l'union, aucune perspective positive n'est à attendre sur le plan électoral. « Reste à convaincre les sympathisants comme les électeurs et les Français en général que la question sociale et la question environnementale sont liées. On ne parviendra pas à agir efficacement pour éviter la fin de la planète si l'on oublie les fins de mois difficiles de tant de nos concitoyens... »

Cela dit, ce discours n'est pas nouveau en soi. L'aspect novateur de l'initiative de Joffrin est cependant de suggérer que l'alternance passe par une union dont le pôle socialiste serait le moteur. Si elle admet avoir parfois « tiqué » vis-à-vis de certains aspects de la politique menée durant la seconde partie du quinquennat Hollande, Claudine Ledoux ne veut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

« J'ai toujours ma carte au PS. Mais passez-moi l'expression, je trouve aujourd'hui que nos dirigeants sont un peu mous. Il ne faut pas avoir honte de nos convictions, de nos engagements d'hier, de ce que l'on a réussi à faire. Même si des erreurs ont pu être commises. Il faut les assumer pour ne pas les répéter. Je suis chagrinée de voir un PS presque à la remorque. Prêt à s'effacer. Et qui oublie l'expérience de ses anciens cadres. Il ne s'agit pas de revenir en arrière mais de se nourrir des conseils, des idées, des expériences. Un constat national qui s'applique au plan local : j'ai de la sympathie pour Sylvain Dalla Rosa, et il le sait, mais en toute logique, rien ne justifiait de laisser dans une ville historiquement socialiste comme Charleville la tête de liste au PCF. Résultat des courses, il n'y même plus un élu d'opposition PS au conseil... »

« Nous avons de la ressource »

Idem donc au niveau national. Claudine Ledoux a compris l'initiative de Laurent Joffrin comme un utile rappel de quelques réalités, voire un moyen de pression dans le bon sens du terme. Pas d'union, pas de plate-forme partagée (avec les écolos notamment) sans une locomotive socialiste puissante, décomplexée. « C'est pourquoi cette action me semble complémentaire par rapport à mon engagement de toujours au sein du parti. Et si ça ne plaît pas, tant pis. »

Et si d'aucuns voient dans cet appel une manœuvre téléguidée en faveur de Pierre, Paul ou Jacques, pour ne pas dire François (Hollande), l'ex-diplomate retrouve son franc parler de toujours : « Primo je ne le crois pas, secundo, le moment venu, il est vrai qu'il faudra quelqu'un pour incarner cette union. Mais il n'y a pas que l'ancien président. Des femmes et des hommes ayant une certaine notoriété, de l'expérience, du charisme, il y en a. On l'a vu aux municipales, dans certaines grandes villes. La famille socialiste a de la ressource. »

Vous souhaitez réagir ou commenter ? Envoyez votre message sur la boîte lesitedesgauches@gmail.com ou sur la page Facebook