Municipales : et si le plus juste était de tout recommencer ?

Municipales : et si le plus juste était de tout recommencer ?

Municipales : tout recommencer ?

Et si on repartait de zéro ?

Des députés de la majorité plaident ce dimanche pour que l'ensemble du scrutin des municipales soit reporté. Et donc que le premier tour soit annulé. Peut-être trop tard, mais leurs arguments se tiennent.

Alors que l'on se demande encore si le deuxième tour des municipales pourra se tenir en juin (bien que l'on soit déjà… le 17 mai), plusieurs députés de la majorité LREM ou UDI (*) cosignent une tribune ce dimanche dans Le Parisien.

Pour eux, c'est l'ensemble des opérations qui a été faussé.

On dénombre « à ce jour plus de 3000 recours déposés auprès des tribunaux administratifs (428 en 2014) et plus de 500 questions prioritaires de constitutionnalité déposées auprès du Conseil constitutionnel. Dès lors, de nombreux questionnements s'imposent », notent les parlementaires.

Selon eux, ces questions sont d'une part : « Est-ce que le droit de chacun à être représenté dans son vote a pu être garanti, alors que le président s'exprimait avec gravité le jeudi, enjoignant les personnes les plus fragiles à ne pas sortir de chez elles, alors que le Premier ministre annonçait, la veille même du scrutin, la fermeture des lieux publics et exhortait les Français à limiter les réunions ? ». Et d'autre part : « Peut-on considérer que l'universalité du suffrage a réellement été préservée, alors que 55,34 % du corps électoral n'a pas participé à ce scrutin (36,45 % en 2014) ? ».

Alors, les députés remettent en cause la sincérité du scrutin du 15 mars, jugeant que nombre d'électeurs ont craint pour leur santé.

A quelques voix parfois

Les mauvaises langues diront que c'est un peu tard (même s'ils ont pour certains fait valoir ces arguments dès le 16 mars), ou qu'il y a là une volonté d'effacer le revers enregistré par le parti présidentiel.

Peut-être.

Mais cela n'empêche : si leur appel au conseil constitutionnel paraît désormais désespéré, ils n'ont, dans les fait, pas vraiment tort.

Dans les communes faiblement peuplées, le premier tour a pu se jouer à quelques voix.

Dans d'autres, même si une participation plus élevée n'aurait pas changé le nom du futur maire, elle aurait sans doute permis une ventilation différente des sièges.

Sur ce, il faut admettre que même si les sages l'acceptent, même si le pays a traversé une crise sans précédent, on peut douter également de la sincérité d'un second tour en juin. Avec quelle campagne dans les conditions imposées par les interdictions de rassemblement et les gestes barrières ?

D'où la suggestion, qui semble raisonnable mais vaine, hélas, de tout reporter à 2021 en même temps que les départementales.

Ajoutons un ultime argument : cette décision, un report global des deux tours, permettrait qui sait d'effacer une autre hypocrisie, qui nous semble au Site des Gauches poser un vrai problème en terme de démocratie : la place des intercommunalités, absentes des campagnes électorales et pourtant dotées de fortes compétences, ainsi que nous le disions début mars dans cet article.

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(*) Il s'agit de Bruno Bonnell (Rhône),Stéphanie Do, (Seine-etMarne), Pascale Fontenel-Personne (Sarthe), Philippe Huppé (Hérault), Christophe Jerretie (Corrèze), Valérie Petit (Nord) tous LREM et de Pierre Morel- À-L'Huissier (Lozère), du groupe UDI, Agir et Indépendants.

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