A Montpellier, vers un divorce PC-PS sur fond de voile

A Montpellier, vers un divorce PC-PS sur fond de voile

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Campagne agitée à Montpellier

Trois militants PCF de Montpellier ont décidé de se retirer de la liste d'union de la gauche emmenée par le socialiste Michaël Delafosse. Le PS refuserait d'inclure une candidate communiste portant le foulard…

Article mis à jour le 21 février à 16 heures.

Septième de France en terme de population (285 121 habitants), Montpellier vit une campagne agitée.

Dernier épisode en date, l'annonce par trois candidats communistes qu'ils se retirent de la liste d'union « La Gauche qui nous rassemble » comprenant PS-PCF-PRG-Place publique conduite par Michaël Delafosse.

Pourquoi ? Ce dernier, ainsi que le PS dans son ensemble, a opposé un non catégorique début février quand la section communiste a proposé, parmi les 12 places qui lui étaient réservées, le nom d'une militante portant le foulard.

Réunie le 14 février, après de longs débats, « la section PCF Montpellier décidait de ne pas céder au chantage » dixit le communiqué. Conséquence : trois candidats ont décidé de se retirer. Les huit autres, pour l'heure, restent en lice.

« Le refus de toute discrimination »

« Nous défendons le droit aussi bien de porter le foulard que de ne pas le porter, le droit de porter une liste à l’image de notre ville c’est-à-dire représentative de sa diversité. Nous défendons le droit de la section de Montpellier de décider de ses candidats » expliquent Hugo Bos, Marion Kissous et Maxime Michaud, seuls signataires dudit communiqué. Qui ajoutent encore : « Le PS maintenant sa position de rejet vis-à-vis de notre camarade, nous avons décidé de nous désolidariser de cette liste et de cette campagne. Le PCF a toujours lutté contre toutes les formes de discriminations. » Et ils prennent soin avec malice de citer Fabien Roussel, le numéro 1 du parti : « Nous devrions nous intéresser à ce que les femmes ont dans la tête et pas sur la tête ».

Selon nos informations, Paris n'a pas pour l'heure réagi. Et des questions demeurent : quid des places désormais vacantes ? D'autres candidats vont-ils être désignés ? Ou au contraire, des négociations vont-elles reprendre avec le PS ? D'autres militants vont-ils se retirer ?

Quant au compte Twitter de la section locale, à cette heure, il ne mentionne pas ces bisbilles. Mais in peto, des militants évoquent une possible réunion en interne d'une commission de conciliation (ou équivalent)

Un énième coup de théâtre

On imagine donc que cela discute toujours.

Et que ce sujet, de toute façon, n'a pas fini d'être sur la table dans les mois qui viennent dans tous les partis de gauche. Car il s'agit aussi de ne pas envoyer de signes négatifs aux adolescentes et aux femmes qui se battent pour ne pas à avoir à porter ce voile contre leur gré. Et à subir le diktat de religions patriarcales, quelles qu'elles soient.

A Montpellier, cet événement n'est qu'un des nombreux coups de théâtre qui jalonnent la campagne.

Il y a quelque temps, bien qu'en tête dans les sondages, les écolos d'EELV retiraient leur investiture à leur cheffe de file Clothilde Ollier (qui porte l'affaire en justice!).

Quant au maire sortant DVG, Philippe Saurel, il n'a annoncé sa candidature qu'hier. Cet ancien proche de Georges Frêche avait refusé une primaire interne en 2014 et, candidat dissident, avait battu la liste « officielle ».

Et il faut encore compter avec la liste LREM, une liste citoyenne, une autre conduite par Mohed Altrad, homme d'affaires et président du Montpellier Hérault Rugby.

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Précision : selon la jurisprudence une conseillère municipale peut être voilée lors des séances du conseil municipal. En revanche, En revanche, le principe de neutralité doit s’appliquer au maire et à ses adjoints en leur qualité d’officiers de police judiciaire et/ou d'officier d’état civil. Une problématique explicitée dans cet article du Courrier des Maires.