A Metz, la PS va rejoindre la liste citoyenne

A Metz, la PS va rejoindre la liste citoyenne

La gauche unie à Metz

La gauche enfin unie à Metz

C'est désormais quasi chose faite. A Metz, le PS s'apprête à se rallier à la liste citoyenne conduite par Xavier Bouvet. Ancien homme de confiance du maire Dominique Gros, il a déjà séduit EELV, Géneration.s, les Radicaux de Gauche et le PCF, sans compter le collectif Serpenoise qui l'avait mis sur orbite.

Un joli tour de force. La gauche devrait se présenter unie à Metz pour tenter de conserver la mairie et à tout le moins empêcher la majorité présidentielle ou la droite de reprendre une ville où beaucoup d'observateurs considèrent la bataille comme ouverte.

Dernier événement en date et non des moindres : les instances nationales du PS ont clairement indiqué leur préférence : « Pour le parti socialiste, Metz représente un enjeu déterminant. Nous avons pour objectif de faire gagner la gauche dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants que nous dirigeons actuellement et d’en conquérir de nouvelles. (Or), pour gagner, la gauche doit être rassemblée. Aujourd’hui, en lien avec les socialistes locaux, je suis mandaté pour discuter avec Xavier Bouvet » vient ainsi de déclarer au Républicain Lorrain Pierre Jouvet, porte-parole du PS qu'Olivier Faure a chargé de démêler une situation jusqu'alors confuse.

Pas d'héritier désigné

C'est que le maire sortant socialiste Dominique Gros n'avait pas préparé sa succession, ainsi que nous l'évoquions dans un article du Site des Gauches en octobre. Lui qui avait provoqué une petite révolution en 2008 après deux longues mandatures - celle de Raymond Mondon (RI) de 1947 à 1970 et celle de Jean-Marie Rausch (DVD, ministre d'ouverture au début du second septennat de François Mitterrand) de 1971 à 2008, réélu en 1977, 1983, 1989, 1995 et 2001 ! - n'avait pas désigné d'héritier.

Or, pendant que la section locale du PS choisissait à la surprise générale un jeune adjoint comme tête de liste durant l'été, Thomas Scuderi, pendant que certains adjoints sortants (dont le premier) ayant rejoint La République en Marche se plaçaient en embuscade, pendant que la droite locale fourbissait ses armes, une dynamique se créait autour de Xavier Bouvet. Sous la bannière « Unis pour Metz », poussé par le collectif citoyen Serpenoise, cet ancien membre du cabinet du maire puis directeur général de l'agence d'attractivité (promotion touristique et économique) de la métropole parvenait à convaincre les Verts et les autres formations de gauche…

"Réveiller la ville"

Son credo : « Amplifier l'ouverture et le réveil de la Ville mais aussi oxygéner la vie politique par des engagements nouveaux, et répondre à des enjeux devenus urgents : la transformation de la métropole pour protéger ses habitants des crises sociales et environnementales dans lesquelles nous entrons. »

Xavier Bouvet
Le PS national semble avoir tranché. Un soutien de poids pour Xavier Bouvet avant qui sait la bénédiction du maire PS sortant lui-même ?

Restait le PS… Dans un premier temps, les instances nationales refusaient de valider la désignation de Thomas Scuderi. Dans un second temps, certains poussaient Dominique Gros (77 ans) à remettre le couvert. Et enfin, dans un troisième temps, finalement adoubé, Jean-Michel Toulouze, 55 ans, adjoint aux finances, acceptait de relever le défi. Et de conduire la liste socialiste. Las, le 3 octobre, il décédait brutalement victime d'une crise cardiaque.

Dans ce contexte effectivement assez compliqué, le PS national a donc choisi de ne pas forcer le destin. Et tant pis si Xavier Bouvet n'est pas carté. « J’ai longuement échangé avec lui sur ses valeurs, sur ses idées pour Metz. Et je peux vous garantir qu’il y a une vraie proximité de valeurs. Aujourd’hui, à nos yeux, les valeurs passent avant le parti. Xavier Bouvet est un candidat de gauche et c’est ce qui compte le plus à nos yeux » s'est justifié ainsi Pierre Jouvet.

Mardi soir, lors de ses vœux, le chef de file de la liste citoyenne et d'union de la gauche a dit son optimisme. Une fois son camp rassemblé, reste à faire barrage aux autres. C'est un autre défi mais la dynamique est là…

Seul bémol, pour l'heure, son ancien ami Scuderi maintient sa volonté d'aller jusqu'au bout. Le tableau, sinon, serait presque parfait pour la gauche dans la capitale de la Moselle.