L’espoir se lève à l’Est

L’espoir se lève à l’Est

Grand Est, grand espoir?

Grand Est, grand espoir?

Plusieurs partis de gauche et écologistes disent être prêts à se rassembler en vue des régionales de juin dans le Grand-Est. Sauf, pour l’heure, les Insoumis. Cet élan a valeur cependant de lueur d’espoir à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle…

La communication est à la fois soignée et prudente. On sent que chaque mot est pesé. Car ils marchent sur des œufs. L’union est un dessein aux contours fragiles…

Le compte Twitter dénommé « L’appel inédit » évoque « un appel à un rassemblement inédit pour le Grand Est et son avenir à gauche ! ». Et depuis lundi, une plateforme appelée « Pacte Grand Est » invite à signer un « Pacte pour une région Grand Est écologiste, citoyenne et solidaire ! ». Ce qu’ont déjà fait des élus, des militants et sans doute des sympathisants.

Le texte peut sembler vouloir embrasser large : « Prévenir la catastrophe climatique, refaire société et réparer la crise sanitaire, économique et sociale ! C’est sur ces objectifs que nous appelons à nous rassembler au sein d'un pacte pour une région Grand Est écologiste, citoyenne et solidaire, car le duel entre la droite et l’extrême droite n’est pas une fatalité. » Et de fait, il pourrait parfaitement être dupliqué dans les autres régions françaises : « Rassemblé.e.s pour aire de notre région une terre écologique et solidaire, plus humaine… Pour inventer l’économie du 21ème siècle : le choix d'une agriculture respectueuse de l'environnement, d’une industrie relocalisée et bas carbone, de l’investissement dans la recherche et l’innovation, de la transition des métiers, du partage de la valeur et du travail… Pour la justice sociale, des services publics de proximité, la lutte contre toutes les exclusions et pour l’égalité entre femmes et hommes, la solidarité entre les générations, la coopération entre les territoires ruraux et urbains… Pour une Région pionnière dans la mobilité (notamment ferroviaire) et l’habitat durable, la production d’énergies renouvelables et une alimentation de qualité pour tou.te.s…. »

On attend encore les Insoumis

Plusieurs formations se sont engagées pour engager un processus démocratique en leur sein (sic) et parvenir à faire liste commune sur ces bases : des partis écolos (EELV, Cap Ecologie, Génération écologie) et des partis de gauche (PS, PCF, Mouvement des Progressistes).

On l’aura remarqué, les Insoumis manquent pour l’heure à l’appel. Mais des militants ont déjà signé, à titre personnel.

L'ex-ministre Aurélie Filippetti, une des pionnières
Aurélie Filippetti, une des pionnières de l'Appel

Et surtout, ce nouvel acte dans le processus d’union rose, rouge et verte est le prolongement d’une initiative lancée fin 2020 par trois personnalités : la députée LFI Caroline Fiat, l'ancienne ministre Aurélie Filippetti et la trésorière du PS Pernelle Richardot.

Désiré par nombre d’électeurs et sympathisants, ce rassemblement est également bien perçu par des élus qui s‘étaient éloignés des carcans partisans, comme le maire de Nouzonville (Ardennes) Florian Lecoultre : « Enfin des hommes et femmes de gauche ont réussi à s’unir sans poser de préalables, rejetant les querelles d’égo et luttes d’appareils de partis qui ont fait tant de mal les années précédentes... » explique l’ancienne figure montante du PS dans la vallée de la Meuse.

Florian Lecoultre
L'Ardennais Florian Lecoultre a rejoint le mouvement
Un sacré challenge

Cependant, rien n’est simple. Dans le Grand-Est qui réunit depuis 2015 les anciennes régions Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace (5,5 millions d’habitants), le président sortant Jean Rottner est pour l’heure donné favori. Et l’extrême droite y réalise souvent des scores supérieurs à sa moyenne nationale au fil des scrutins en siphonnant les anciens bastions de la gauche (les territoires réputés jadis pour leur industrie lourde).

Une situation inverse de l’Occitanie où la sortante Carole Delga devra composer au premier tour avec une liste écolo EELV. L’union, ce n’est jamais simple. Même quand, pandémie ou pas, le calendrier s’accélère. Il n’empêche que dans les états-majors parisiens, on observe à la loupe cette dynamique unitaire. Et si elle préfigurait enfin une prise de conscience pour 2022 et éviter ce que déjà les médias mainstream comme la majorité LREM avancent comme acquis, à savoir un remake de 2017 et une finale Macron-Le Pen ?

Crédit photo principale : Oie Blanche sous licence Creative Commons. Autres crédits : profils Twitter.
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