Les Verts rallient le PS à Bergerac, mais pas à Charleville

Les Verts rallient le PS à Bergerac, mais pas à Charleville

Union verte et rose à Bergerac

C'est officiel. Dans un communiqué, les Verts et le PS ont annoncé faire liste commune à Bergerac (Dordogne) pour les municipales 2020. Avec comme chef de file le socialiste Fabien Ruet, les deux formations expliquent partager « les valeurs humanistes et écologistes, synonymes d'espoir pour les habitants de la ville ». Les priorités définies sont, sans surprise : « L'urgence sociale, la transition écologique, l'urgence climatique et la démocratie locale ». Le 100 % bio dans les cantines et les repas portés à domicile comme l'instauration de référendums pour les projets non prévus dans le programme initial sont promis également.

Bergerac, qui compte près de 28 000 habitants, est actuellement dirigée par Daniel Garrigue (Divers droite). Elu une première fois en 1995, réélu en 2001, il avait été devancé en 2008 par le socialiste Dominique Rousseau avant de retrouver son fauteuil en 2014.

L'exemple de Bergerac illustre parfaitement les préconisations de Yannick Jaédot au lendemain de son succès aux Européennes. Le nouveau député avait défendu la notion de « pragmatisme » pour les municipales. Si l'appareil d'EELV exclut certes des alliances avec des formations se réclamant de la droite ou de la majorité, Yannick Jadot lui est plus nuancé : « Entre un divers droite qui met en place des jardins partagés, des cantines bio et un socialiste qui soutient les autoroutes et les cantines Sodexo... j'appellerai à voter pour le divers droite » avait-il précisé dans Libération.

Alors, sur le terrain, c'est la politique du cas par cas, et chaque groupe local définit sa stratégie de manière autonome et… « pragmatique ».

Les Verts tournent le dos à la gauche à Charleville

Ainsi, à Charleville-Mézières, les Verts qui avaient fait liste commune en 2014 avec le PS et le PCF (un scrutin finalement remporté par la liste de droite conduite par Boris Ravignon, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, qui mit un terme à des décennies de gestion socialiste), ont annoncé il y a quelques jours qu'ils ne rejoignaient pas l'alliance PS-PCF-Génération-s emmenée par le communiste Sylvain Dalla-Rosa (voir notre article sur la présentation de ce triple ticket ici).

Christophe Dumont, conseiller d'opposition sortant, et Valérie Roffidal, trésorière régionale d'EELV, lancent en effet un appel à la constitution d'une liste citoyenne. Sur Twitter, Christophe Dumont a été large et un peu... vague : « Vous avez marché pour le climat, vous avez signé, vous avez voté aux européennes... Et si vous vous impliquiez dans l’action locale ? Inventons des formes nouvelles d’exercice et de pratique du pouvoir local pour élaborer le projet et faire vivre la participation citoyenne... »

Plus... pragmatique, le journal L'Ardennais a titré que les Verts locaux entendaient surfer sur la... vague écolo… De fait, aux Européennes, fin mai, la liste Jadot a rallié 11 % des suffrages dans la capitale ardennaise. Mieux que dans le département, mais moins bien quand même qu'au niveau national.

La colère des anciens alliés

Et de toute façon bien au-dessus des scores précédents, de simples... vaguelettes à l'époque : aux législatives, en 2017, Christophe Dumont avait réuni 4,33 % des voix (mais 6,94 % sur les seuls bureaux du chef-lieu), doublant voire triplant ses scores de 2012.

Sur ce, ses ex-partenaires de gauche ont exprimé leur désarroi. Voire leur colère. Ils regrettent l'initiative des Verts « qui ont boudé les tables rondes organisées par la gauche » et « ouvre(nt) des perspectives à la droite ». Reste que pour les candidats PS-PC et Génération-s, l'écologie, pour l'heure, est de leur côté plaident-ils en substance. Une des mesures phares de leur programme, ainsi, est la gratuité des transports en commun.

Cela étant, la gauche indique que la porte reste ouverte. Au cas où.

Un début de campagne décidément compliqué pour les partis jadis au pouvoir dans la ville : le chef de file des socialistes locaux, Damien Lerouge, a en effet indiqué saisir la justice pour des posts qu'il estime diffamatoires (qui auraient été mis en ligne sur le compte Facebook d'un élu de droite par un tiers). Ces temps-ci, la Meuse n'a rien d'un fleuve impassible, comme n'a pas dit Rimbaud…