La gauche unie (ou presque) à Saint-Étienne

La gauche unie (ou presque) à Saint-Étienne

Match ouvert pour la gauche à Saint-Etienne

La gauche à l'attaque à Sainté !

Dans la ville des footballeurs « verts », une liste rose et rouge a vu le jour. Les autres Verts, eux, font bande à part.

C'est fait. C'est le socialiste Pierrick Courbon, 34 ans, qui conduira une liste d'union de la gauche à Saint-Étienne. Attaché parlementaire du député Régis Juanico, il était l'une des figures du collectif « Saint-Étienne demain » apparu au printemps réunissant le PS, le PCF, mais aussi Génération-s et des radicaux de gauche (ce qui n'est pas anecdotique dans cette ville, comme on l'explique plus loin).

La gauche entend constituer une alternative sociale, écologique et citoyenne et avance comme mesure phare de son programme la gratuité des bus et tramways dans l'agglomération. Ce qui devient une habitude dans toutes les villes importantes du pays, soit dit en passant. Dans un entretien à la radio locale ActivRadio, Pierrick Courbon estime que la gratuité présente de multiples avantages : « Le renforcement des services locaux de proximité, davantage de pouvoir d’achat pour les habitants, et la limitation de la voiture en ville, donc une meilleure santé. »  Mais il ajoute encore, en écho aux discours sécuritaires de ses adversaires : « A Aubagne, la gratuité a permis d’apaiser les relations sociales. C’est un cas d’école que l’on peut reproduire chez nous. »

Pour l'heure, les écolos d'EELV font cavalier seul. Et on n'ignore encore les intentions de la France insoumise.

Un ex-footballeur tête de liste LREM

A droite, le maire sortant LR Gaël Perdriau qui avait battu le socialiste sortant Maurice Vincent en 2014, avec 7 points d'avance, au terme d'une triangulaire où le FN avait réalisé 11 %, a annoncé solliciter un nouveau mandat.

Mais la nouveauté est évidemment que le parti présidentiel est cette fois au départ. Et dans cette ville où le football est tout sauf quantité négligeable, LREM a investi une ancienne gloire de l'ASSE finaliste de la coupe d'Europe en 1976 : Patrick Revelli. Détail cocasse : il fut proche de l'ancien maire PS.

Le RN, enfin, sera emmené par une femme, qui doit déjà expliquer pourquoi elle abandonne la petite ville de Feurs où elle était élue…

Ancien bastion de l'industrie et du commerce (Manufrance, Casino…), Saint-Étienne compte 171 000 habitants.

Un match très ouvert

Elle fut jadis le fief du centriste Michel Durafour, mais aussi du Radical Valoisien Michel Thiollière, maire de 1994 à 2008.

Et c'est un ancien mineur du Forez, Joseph Sanguedolce, qui fut de 1977 à 1983 maire communiste.

Aux Européennes de mai dernier, la liste LREM était arrivée en tête avec 22,4 % devant le RN (19,54). Suivaient les Verts (14,6), la liste Bellamy (9,45) et les différentes listes de gauche (FI comprise) totalisaient 22 %.

Comme quoi l'issue du match est très indécise. Tant mieux. Au stade Geoffroy-Guichard ou ailleurs, on aime vibrer et s'il faut attendre les dernières minutes pour marquer, du moment qu'on gagne, on chante !

Photo Anthony Morel sous licence Creative Commons.