La gauche fait front à Montauban

La gauche fait front à Montauban

Une liste de gauche unie à Montauban

Montauban : la gauche unie dans cette autre ville rose

Un socialiste mènera une liste d'union de la gauche pour tenter de faire barrage à Brigitte Barèges qui sollicite un 4e mandat à Montauban. Un défi ardu, tant la la maire sortante, tenante d'une droite dure, sait ratisser large…

« On devrait jamais quitter Montauban ». Vous connaissez la formule. Elle est une des répliques du désormais classique film de Georges Lautner, les Tontons Flingueurs, dans lequel Lino Ventura qui s'est rangé des voitures en vendant des tracteurs dans le Tarn-et-Garonne doit monter à Paris pour gérer l'encombrant héritage d'un ancien caïd du milieu.

Pour l'heure, Brigitte Barèges (LR), elle, ne veut pas quitter son bureau.

A 66 ans, elle brigue un quatrième mandat. Après avoir délogé le socialiste Roland Garrigues en 2001, elle a constamment été réélue. Sa ligne : un franc parler et une ligne très à droite.

Quand elle n'interpelle pas le président Macron sur l'immigration lors d'une mémorable séance du Grand Débat à Souillac devant des élus de gauche abasourdis qui finissent par la siffler, elle entame cet été un bras de fer avec le préfet, refusant d'ouvrir un local pour les SDF alors que la canicule sévit.

Droite dure et gauche cassoulet

Dans cet ancien fief de « la gauche cassoulet », elle a appris à batailler : en face, longtemps, c'est le radical de gauche Jean-Michel Baylet qui a présidé le conseil général…

Montauban, 60 000 habitants, lui avait renouvelé largement sa confiance en 2014. La liste de la maire sortante remportant une triangulaire au 2e tour avec 51,3 % des voix devant une liste PS à 37,7 et un FN réduit à 10,9.

C'est que les prises de position de Brigitte Barrèges lui ont toujours permis lors des scrutins locaux d'écarter la menace frontiste.

Il en est autrement lors des élections nationales. Aux Européennes de mai dernier, la liste du RN est arrivée en tête avec 23 %. Suivaient LREM (22%), EELV (12,5%), les listes LR et PS-Place publique faisant quasi jeu égal (8,6 et 8,7). Pourtant, quand on additionne les scores des autres listes de gauche, y compris celle des Verts, on arrivait ce jour-là à quelque 35 %.

Dans ce contexte, le défi s'annonce cependant ardu pour la gauche, même si elle peut paradoxalement escompter que ce qu'elle gagne à sa droite, la maire pourrait le perdre au centre si une liste LREM parvient à percer quelque peu…

On sait désormais que c'est un enseignant PS d'une quarantaine d'année, Arnaud Hilion, qui conduira une liste d'union. Ou plutôt, de « rassemblement des forces de gauche, écologiques, citoyennes et solidaires ». Sous l'appellation « L'Alternative pour Montauban », sont réunis des militants et sympathisants du parti radical de gauche, du parti socialiste, du parti communiste, de Montauban citoyenne, d'Europe Ecologie les Verts, de Place Publique et Génération.s..

Tourner la page après 18 ans sans vision

Selon le collectif, il y a urgence à tourner la page avec « un gouvernement de droite libérale et une municipalité de droite dure, bafouant tous les acquis sociaux, menant une gestion brutale laissant de plus en plus de citoyens au bord du chemin. »

La feuille de route au niveau local : « Remettre Montauban sur une voie de progrès social, éthique, économique et impérativement écologique. 18 ans d’absence de vision en matière d’école, d’écologie, de transport nous imposent de redonner confiance et de construire tous ensemble une ville où il fait bon vivre, ancrée dans le XXIe siècle, sachant s’adapter à l’urgence écologique. »

On saura en mars si ce front uni et ce programme suffiront à déboulonner Brigitte Barèges, qui devra cependant rassurer des habitants du centre assez remontés par la longueur du chantier de rénovation du centre de la ville réputée pour ses maisons aux briques roses. Une couleur qui permet d'espérer ?