Jean-Paul Bachy candidat aux sénatoriales dans les Ardennes

Jean-Paul Bachy candidat aux sénatoriales dans les Ardennes

Jean Paul Bachy

Bachy vise le Sénat

L'ex-président de la région Champagne-Ardenne confirme sa candidature aux sénatoriales. Le Sedanais Jean-Paul Bachy peut à cette occasion redonner des couleurs à la gauche dans le département et surtout apporter toute son expérience alors que les Ardennes doivent relever tant de défis.

Une bonne nouvelle. Et elles ne sont pas si fréquentes. Jean-Paul Bachy a confirmé ce mercredi 2 septembre être candidat aux élections sénatoriales qui se dérouleront le 27 septembre.

Ancien député socialiste au Parlement européen et à l'Assemblée nationale, ancien maire de Sedan, Jean-Paul Bachy avait quitté la politique fin 2015 à la fin de son second mandat de président de la région Champagne-Ardenne dont il restera dans l'histoire comme ayant été le seul président de gauche (2004-2015 réélu en 2010). Depuis, la collectivité a été fondue dans la région Grand-Est.

Sociologue de formation, longtemps professeur aux Arts et Métiers (y compris une fois élu), ce Sedanais d'adoption (il est né… à Charleville!) avait depuis fondé et dirigé une agence de conseil, « Talents-Territoires-Développement » dédiée à l'accompagnement des entreprises et collectivités à l'international. Une reconversion logique, Jean-Paul Bachy ayant été notamment responsable des relations internationales au sein de l'Association des régions de France. Et en Champagne-Ardenne même, il avait mis en œuvre une politique énergique au service de la prospection économique internationale et du développement, notamment avec l'Afrique et la Chine.

Un attachement viscéral aux Ardennes

Sur le plan purement politique en revanche, celui qui avait soutenu François Hollande lors de la primaire socialiste en 2011 était depuis 2015 resté assez discret. Cette année, néanmoins, il était sorti de sa réserve pour soutenir son successeur Didier Herbillon aux municipales à Sedan et plaider pour une révision du classement en zone rouge des Ardennes à la sortie du confinement.

Une intervention symbolique de son attachement viscéral à « son » département : tous ceux qui l'ont rencontré et côtoyé quand il dirigeait la Région s'en souviennent, les dossier relatifs aux Ardennes étaient suivis et soutenus avec attention.

Du coup, cette candidature est donc logique.

Et bienvenue.

Socialiste de toujours même si les aléas de la « grande maison » l'ont parfois éloigné du sérail de Solférino, il a conservé de solides amitiés à gauche, ayant fédéré toutes ses familles au sein de l'hémicycle régional. Mais son charisme, ses réseaux et carnet d'adresses lui ont permis de transcender les chapelles : ainsi, en 2008, aux sénatoriales déjà, il ne lui avait manqué que 23 voix pour battre Marc Laménie (UMP). Preuve que bien des élus locaux, y compris de droite ou sans étiquette, lui avaient fait confiance.

Face à une droite divisée

Alors que la gauche a perdu du terrain dans le département, Jean-Paul Bachy, 73 ans, peut espérer néanmoins avoir gardé une aura et des soutiens aussi bien à Sedan que dans la Vallée de la Meuse, aussi bien dans le Vouzinois qu'au chef-lieu où le PS n'a plus de locomotive.

La division de la droite, par ailleurs, peut être un atout (aux deux sortants Benoît Huré et Marc Laménie, aux bilans contrastés si l'on en juge les sites spécialisés suivant de près le travail des parlementaires, se sont ajoutés des candidatures nouvelles comme celle par exemple de l'adjointe au maire de Charleville et conseillère départementale Else Joseph, proche de la députée Bérengère Poletti).

Un sénateur de gauche dans les Ardennes et un parlementaire de poids au service d'un département toujours en souffrance : Jean-Paul Bachy peut décidément créer une bonne surprise. « J’ai toujours été un fidèle serviteur du Département. Des gens m’ont fait part de leur souhait de voir les choses changer et ils ont su me convaincre » a-t-il expliqué à L'Union. Maintenant, à lui de convaincre les (grands) électeurs.

Il leur dira notamment ce qu'il nous a précisé hier soir : « Je suis un homme libre, sans étiquette, n'ayant sollicité aucune investiture. Certains ont été biberonnés au gaullisme, ou au libéralisme, moi, je me suis construit autrement et j'ai été nourri à d'autres valeurs, mais chacun le sait : le PS m'a écarté il y a une quinzaine d'années et les choses n'ont pas changé. Aujourd'hui, ce qui compte, c'est servir les Ardennes.»