Et si Marseille donnait l'exemple ?

Et si Marseille donnait l'exemple ?

La gauche unie à Marseille dès le premier tour des municipales ?

La gauche pourrait se présenter unie en mars

La dynamique d'union à gauche se concrétise à Marseille. Les insoumis ont accepté ce week-end de rejoindre PS et PCF, ainsi que militants associatifs. Il ne manque plus que les Verts qui donneront leur réponse dans quelques jours.

Marseille, deuxième ville de France avec 862 211 habitants, vit les derniers mois du règne de Jean-Claude Gaudin. Et comme la succession n'a pas été préparée, les jeux semblent ouverts.

Un premier sondage publié vendredi 27 septembre (réalisé par Elabe pour BFMTV et La Tribune) a été étudié avec soin par les états-majors. Il propose deux hypothèses : dans le premier cas, la liste LR serait conduite par la présidente de la métropole et du conseil départemental Martine Vassal, dans le second cas par le sénateur Bruno Gilles.

La première hypothèse place LR à 29.5 points, la seconde à 22.5.

Cependant, les deux cas de figure se rejoignent grosso modo sur les autres scores, sachant que le sondage proposait des listes "autonomes" à gauche. Le RN tourne autour de 21 points, la REM autour de 10 et ensuite, de l'autre côté de l'échiquier, on note des Verts entre 14 et 16.5, des Insoumis entre 5.5 et 6, un PS entre 7.5 et 8, le PCF entre 3 et 3.5.

Pas besoin d'un dessin : unie, une gauche allant du PS aux Insoumis en passant par les Verts et le PCF pourrait virer en tête au premier tour !

Une dynamique née en juillet

Dès juillet, dans une une tribune publiée par Libération, des élus du PCF, de la France insoumise, du PS, d'EELV, des syndicalistes et des personnalités de la société civile avaient jeté les bases d'un « mouvement unitaire pour les municipales », réunissant « forces politiques, sociales, associatives, syndicales et économiques » autour de valeurs communes : « transparence, solidarité, écologie, humanité et justice ». Evoquant un « rassemblement inédit pour conquérir la ville de Marseille », les signataires entendaient allier politiques et société civile autour d’un « projet pour faire de notre ville celle que son peuple mérite ».

Pour autant, tout n'est pas réglé.

Primo, il faut compter avec la sénatrice divers-gauche Samia Ghali (ex PS), bien implantée dans les quartiers nord, qui continue de vouloir aller seule à la bataille. Le sondage lui accorde quelque 10 points.

Secundo, après les militants de base, il faut encore que réunis en assemblées, les diverses entités confirment leur accord. C'est fait pour le PS et le PCF (ainsi que Génération.s et la "gauche républicaine et socialiste"), et depuis samedi, c'est également le cas de la France insoumise.

Quelle tête de liste ?

Tertio, se posera évidemment la question de la tête de liste. Les Insoumis indiquent ainsi qu'elle ne pourra être issue d’un parti qui n’aurait pas rompu avec les « logiques libérales ».

Quarto, la décision des militants d'EELV : elle sera connue le 5 octobre.

Alors certes, on ne peut fonder toute une analyse sur un seul sondage, on ne peut non plus se cacher que le choix du numéro 1 vaudra des débats pagnolesques, mais si la dynamique unitaire prévaut (sachant que tout le monde semble OK pour ouvrir la liste à des personnalités de mouvements "citoyens" ou de la société civile), alors la gauche marseillaise pourrait, sans attendre des conciliabules d'entre-deux-tours toujours mal vus par l'opinion, donner un bel exemple. Non ?

Pour mémoire, aux Européennes de mai dernier, les listes RN, LaREM et EELV étaient arrivées en tête avec 26, 20,5 et 13.6 points.