A Dijon, le PCF lâche Rebsamen

A Dijon, le PCF lâche Rebsamen

Municipales à Dijon

Pas d'union de la gauche à Dijon

Dans l'ancienne capitale des ducs de Bourgogne, l'unité de la gauche n'est plus qu'un souvenir. Apprenant que des dissidents de La République En Marche figureraient sur la liste du maire sortant, les communistes ont décidé de se retirer de l'attelage. Les Verts font également cavalier seul.

La réaction a été rapide. Dès hier, elle est tombée via un communiqué : « La section PCF de Dijon a décidé de retirer son soutien à la liste conduite par François Rebsamen et aucun candidat PCF ne figurera sur celle-ci. Durant plusieurs mois, nous avons participé à des discussions en vue d'une participation à l'élection municipale (…) en vue de rassembler l'ensemble des forces de gauche pour mener une politique municipale alliant justice sociale, participation citoyenne, développement des services publics et pratiques écologiques. (Mais) nous avons appris samedi 18 janvier que quatre candidat-es se réclamant de La République en marche figuraient sur celle-ci, présentés par le groupe MODEM. Cela ne peut que créer confusion auprès des Dijonnais-es, niant tout clivage gauche /droite et peut conduire au pire. »

On vous fait grâce de la suite du texte, qui récapitule par le menu tout ce que le PCF reproche au président et à son gouvernement, de la suppression de l'ISF à l'actuelle réforme des retraites en passant par la baisse des APL et la réforme des allocations chômage.

Le PS et son encombrant allié Modem

Que le maire sortant soit allié avec le Modem, ce n'était pas une surprise et a priori, le PCF semblait l'avoir accepté, contrairement au dernier scrutin municipal. C'est en effet un particularisme local depuis les élections de 2014. A l'époque, maire depuis 2001, François Rebsamen s'était allié avec le parti de François Bayrou mais aussi avec les écolos d'EELV et l'avait emporté avec 52 % au second tour devant la droite UMP-UDI (34%) et le FN (13%). Quant au Front de Gauche qui incluait des candidats PC, il avait été distancé dès le 1er tour (4,6%).

Ce 3e mandat ne fut pas simple pour ce proche de François Hollande : nommé ministre du Travail, il avait laissé son fauteuil de maire à son premier adjoint en 2014 et 2015 puis avait retrouvé son siège au décès de son éphémère successeur. En 2018 ensuite, François Rebsamen s'était de nouveau éloigné quelques mois, mais cette fois pour lutter avec succès contre un cancer. « Je suis sorti renforcé d'une épreuve difficile à laquelle j'ai été confronté. J'ai encore plein de choses à faire » s'est-il d'ailleurs justifié il y a quelques jours pour expliquer solliciter un quatrième mandat alors qu'il avait un temps indiqué le contraire.

Les Vert aussi font liste à part

Vous suivez ? Parce que ce qui s'est passé, c'est sans doute que François Rebsamen, 68 ans, a été pris de court lui-même par son allié Modem qui présente donc sur son « quota » des « marcheurs » dissidents. Alors qu'officiellement, le parti présidentiel a investi à Dijon Sylvain Comparot qui fait alliance avec l'UDI.

Francois Rebsamen
Pour François Rebsamen qui vise un 4e mandat, il faudra compter sans le PCF et sans les Verts

Autre mauvaise nouvelle pour le maire PS, les écolos d'EELV font cette fois liste à part, emmenés par une adjointe sortante, Stéphanie Modde. Il est vrai qu'aux dernières européennes, les Verts sont arrivés à Dijon en 2e position avec 16,7 points derrière la liste Loiseau (LREM) qui a réuni 25 % des voix. De quoi nourrir quelque ambition.

On en est là. Pour l'instant. Et on ignore donc au final ce que va faire le PCF… Rallier la liste « Dijon en commun » initiée par les Insoumis et des Gilets Jaunes ? Y aller seul ?

On l'aura compris. Dans la cité du célèbre chanoine Kir, le millésime s'annonce corsé. Heureusement que dans d'autres villes, même de plus de 100 000 habitants, l'union est moins compliquée à décliner.

 

Crédit Photo de François Rebsamen : Time33000 sous licence Creative Commons