Mon ode aux trains de nuit

Mon ode aux trains de nuit

L'Europe va financer une étude sur le rétablissement des trains de nuit

Les trains de nuit, c'est bon pour l'écologie. Mais pas que...

Bravo ! Le Parlement européen accepte de financer une étude sur la relance des trains de nuit. Une bonne nouvelle pour l'écologie et de magnifiques souvenirs qui me reviennent en mémoire.

C'est la députée (EELV) Karima Delli, présidente de la commission Transports et Tourisme du Parlement européen qui a annoncé l'information. Via un amendement largement approuvé, il a été décidé de « financer une étude sur la relance des trains de nuit partout en Europe ». Et Karima Delli d'ajouter : « Une première petite victoire qui en appelle d'autres ! »

Alors qu'ils ont quasiment disparu en France, les trains de nuit (pour voyageurs) ont effectué un timide mais remarqué come-back ces derniers temps sur le vieux continent.

Ce sont les Autrichiens qui ont donné l'exemple, avec par exemple une liaison Vienne-Rome, puis, plus récemment, les Suisses, les Néerlandais et les Suédois ont dit leur intérêt.

Les trains de nuit présentent un avantage écologique majeur, étant évidemment largement moins énergivores que les liaisons aériennes.

Une nostalgie doucereuse

Pour ce qui me concerne, ils sont synonymes de merveilleux souvenirs. Étudiant vivant alors en Champagne-Ardenne, j'ai eu le plaisir d'emprunter à plusieurs reprises, en été, un train de nuit effectuant le trajet Reims-Nice. C'était dans les années 1980.

A chaque fois, l'expérience m'a ravi. La découverte du compartiment et de ma couchette, les échanges polis avec les autres voyageurs, une heure ou deux à lire je ne sais plus quel roman de Modiano ou quel recueil de Breton ou Desnos, la voix du haut-parleur égrenant les noms des villes (Châlons, Chaumont, Culmont-Chalindrey…), puis je m'endormais généralement avant Dijon et me réveillais, un brin vaseux, en gare de Marseille Saint-Charles.

Un bon tiers des passagers, encore groggy, descendaient là.

Sublime, forcément sublime

Puis le train repartait et le voyage devenait tout bonnement magique. La ligne qui mène du Var à Vintimille suit en effet le littoral méditerranéen, longeant aussi l'ancienne et mythique Nationale 7. Permettez-moi de vous dire qu'en fermant les yeux, je revois comme si c'était hier le spectacle que depuis ma couchette, j'observais à travers la vitre : le soleil se levant sur la mer alors que le massif de l'Estérel vient plonger dans la Méditerranée. Sublime, forcément sublime.

Les noms égrenés lors des arrêts en gare se voulaient évidemment plus guillerets (Toulon, Fréjus, Cannes…).

Venait enfin le moment de descendre, à mon tour, presque déçu, comme on s'éloigne d'un manège, aussitôt happé par la chaleur à peine le pied sur le quai.

Plus tard, déjà journaliste professionnel, j'ai emprunté un Toulouse-Paris, ne sachant pas encore que j'allais me fixer, un jour, sur le trajet…

Ces voyages ont formé une partie de ma jeunesse, et je dois aux trains de nuit des souvenirs teintés d'une nostalgie doucereuse.

Alors oui, mille fois oui, rendez-nous les trains de nuit ! Pour sauver la planète et pour nourrir nos rêves !

Je ne suis pas (seulement) un rêveur. Tout cela ne sera pourtant réalisable que si la politique tarifaire est adaptée (en clair, il faut que les prix soient réellement attractifs), le confort et les services en phase avec les attentes d'aujourd'hui, et la sécurité évidemment assurée.

Les choses qui vont sans dire… Vous connaissez la suite.